Lors de la cession d’un fonds de commerce, les communes disposent d’un droit de préemption urbain, inscrit à l’article L. 214-1 du Code de l’urbanisme. Ce mécanisme leur permet d’acquérir en priorité un fonds de commerce mis en vente dans des zones stratégiques définies. Ce droit est devenu un outil essentiel pour préserver la diversité commerciale, protéger l’attractivité des quartiers, et réguler l’évolution des territoires.
Pour qu’une commune puisse exercer ce droit, certaines conditions doivent être réunies :
1. Institution d’une zone de préemption : La commune doit avoir délimité une zone de sauvegarde par délibération. Ces zones ciblent les quartiers où la diversité commerciale est menacée.
2. Notification préalable : Le propriétaire du fonds doit notifier son intention de vendre à la mairie. Cette notification doit inclure les détails de la transaction: prix, conditions de vente, éléments cédés, etc.
3. Délai de réponse de la commune : Une fois notifiée, la mairie dispose de deux mois pour décider d’exercer ou non son droit. Passé ce délai, si elle nerépond pas, elle est réputée avoir renoncé, et le vendeur peut conclure librement la vente avec un tiers.
Prenons l’exemple d’une librairie située dans le Quartier Latin à Paris, une zone récemment classée comme périmètre de sauvegarde par la municipalité parisienne. Ce secteur, reconnu pour son riche patrimoine culturel et ses commerces traditionnels, fait l’objet d’une attention particulière pour préserver son identité commerciale largement menacée.
Le propriétaire de la librairie souhaite céder son fonds de commerce à une chaîne de restauration rapide. Conformément à la législation, il doit notifier la mairie de Paris de son projet de vente. La municipalité, soucieuse de préserver l’activité culturelle et la diversité commerciale du quartier, décide d’exercer son droit de préemption pour acquérir le fonds. Une fois propriétaire, elle rétrocède le local à un jeune libraire indépendant, garantissant ainsi la continuité de l’activité culturelle tout en maintenant l’attractivité du quartier.
De très nombreuses villes ont ainsi créé un périmètre de sauvegarde important dans les dernières années, on peut citer à titre d’exemple, Rouen, Orléans, ou encore Versailles.
Cet exemple met en lumière l'importance pour les propriétaires de respecter les formalités légales liées au droit de préemption, en particulier la rédaction préalable d’une promesse de cession, qui constitue une étape essentielle pour sécuriser la transaction.
Le droit de préemption des communes rend indispensable la rédaction d’une promesse de cession avant la conclusion de l’acte réitératif de vente.
Ce document, qui fixe les termes de la transaction (prix, conditions, délais), permet au vendeur de respecter les procédures légales, notamment la notification obligatoire à la mairie. Il permet également de figer l’accord entre l’acheteur et le vendeur avant la vente elle-même pour gagner du temps une fois purgé le droit de préemption de la mairie. En cas de non-respect de cette étape, ou en cas d'exercice du droit de préemption, les parties doivent avoir prévu une condition suspensive dans la promesse. La promesse de cession offre donc une sécurité juridique et permet d’anticiper les éventuelles décisions de la commune.
Un avocat spécialisé est un partenaire clé pour sécuriser une cession de fonds de commerce. Il intervient à plusieurs niveaux :
· Rédaction de la promesse de cession : L’avocat s’assure que toutes les clauses nécessaires y figurent pour prévenir tout litige.
· Notification à la commune : L’avocat veille à ce que la mairie soit informée dans les délais impartis, avec des documents conformes aux exigences légales.
· Suivi et conseils personnalisés : En cas de réponse de la commune ou de complications liées au droit de préemption, l’avocat accompagne le vendeur pour protéger ses intérêts.
Le droit de préemption des communes est un levier essentiel pour protéger le commerce de proximité et préserver la diversité économique locale. Pour les propriétaires de fonds decommerce situés dans des zones de préemption, il est impératif de respecter les étapes légales, notamment la notification à la mairie et la rédaction d’une promesse de cession. S’appuyer sur un avocat compétent garantit la sécurité juridique de la transaction et évite tout risque d’annulation.
Que vous soyez acheteur ou vendeur, si vous êtes concerné par une cession, notre cabinet est à votre disposition pour vous accompagner tout au long de la procédure.